Harcèlement sexuel sur le lieu de travail : de nouveaux chiffres montrent un besoin d’action
Le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) et le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ont publié en décembre 2024 une nouvelle étude sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Cette étude montre que le problème reste très répandu en Suisse, malgré les mesures de prévention mises en place. Après une première analyse réalisée en 2008, le BFEG et le SECO ont commandé une deuxième étude, qui, cette fois, présente aussi le point de vue des parties employeuses.
Les résultats montrent qu’un tiers des personnes interrogées ont subi du harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle, avec une différence marquée entre les femmes (44 %) et les hommes (17 %). Lorsqu’on leur présente des comportements sexistes ou sexuels concrets, ce taux grimpe à 52 %, avec là aussi un écart important entre les femmes et les hommes (59 % contre 46 %). Les femmes, les jeunes et les personnes en formation sont particulièrement touché·e·s. Rien qu’au cours des douze mois précédant l’enquête, un tiers des femmes âgées de 16 à 25 ans ont subi du harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Les personnes les plus concernées sont celles qui travaillent en contact étroit avec la clientèle, par exemple dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration ou dans les secteurs bancaire ou de la santé. S’agissant des personnes responsables du harcèlement, il s’agit le plus souvent de collègues masculins du même niveau hiérarchique que la victime. Les femmes font aussi souvent état de harcèlement venant de leur hiérarchie.
L’étude révèle que les entreprises ont des connaissances très lacunaires du cadre légal, tout comme leur personnel. L’étude propose des recommandations pour améliorer le travail de prévention et d’intervention.